BOURSE DE CASABLANCA : NE REGARDEZ PAS SEULEMENT LE MASI, REGARDEZ LE CYCLE
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Depuis plusieurs mois, beaucoup observent la Bourse de Casablanca à travers une seule question : le marché va-t-il continuer à monter ou va-t-il corriger ?
À mon sens, ce n’est plus la bonne question.
La vraie question est désormais : dans quelle phase économique, monétaire et financière sommes-nous en train d’entrer ?
Car une Bourse ne vit jamais isolée de son environnement.
Le Maroc dispose encore d’un moteur domestique puissant
L’économie marocaine bénéficie actuellement d’une dynamique particulière : investissements massifs dans les infrastructures, énergie, transport, eau, santé, tourisme, industrie et grands projets structurants.
Le FMI continue d’ailleurs d’anticiper une croissance marocaine solide en 2026, largement soutenue par l’investissement public et privé.
C’est important pour comprendre Casablanca.
Une partie de la revalorisation observée ces dernières années n’est donc pas simplement spéculative : le marché a progressivement intégré une transformation économique et un cycle d’investissement beaucoup plus profond.
Mais c’est précisément ici qu’il faut commencer à avoir du recul.
Une bonne économie ne signifie pas que toutes les actions doivent monter
C’est probablement l’une des erreurs les plus fréquentes chez les investisseurs.
Lorsque l’environnement économique s’améliore, le marché commence généralement par revaloriser largement les actifs.
Puis vient une autre phase.
Les investisseurs commencent à distinguer :
croissance réelle et croissance anticipée, bénéfices et promesses, valorisation raisonnable et valorisation excessive, entreprises capables de générer du cash et entreprises simplement portées par le momentum.
Autrement dit, après la phase où presque tout semble fonctionner arrive généralement la phase de sélection.
Et c’est là que l’analyse devient beaucoup plus importante que le simple suivi d'un indice.
Casablanca n’échappera pas au contexte mondial
Le Maroc possède ses propres moteurs économiques, mais son marché financier ne peut pas être totalement déconnecté du reste du monde.
Les taux américains restent élevés.
Le coût du capital mondial a changé.
Les tensions géopolitiques influencent l’énergie et les matières premières.
L’Europe, partenaire économique majeur du Maroc, reste elle-même exposée à un environnement de croissance plus fragile.
Et l’économie mondiale entre progressivement dans une période où le capital devient plus exigeant.
Pendant des années, beaucoup d’actifs ont bénéficié d’un monde caractérisé par une abondance de liquidité et un coût du capital extrêmement faible.
Ce monde est en train de changer.
Aujourd’hui, les investisseurs doivent progressivement réapprendre à valoriser :
la dette,
le cash-flow,
la rentabilité,
la qualité du bilan,
la visibilité des bénéfices
et surtout le prix payé pour cette croissance.
C’est exactement pourquoi j’avais partagé ma Timeline 2026 dès janvier
En janvier 2026, j’avais volontairement présenté une lecture de l’année sous forme de phases, plutôt que d’essayer de prédire chaque mouvement du MASI.
L’idée était simple :
un cycle boursier n’avance jamais en ligne droite.
Après une forte expansion et une revalorisation importante du marché, il fallait s’attendre à entrer progressivement dans une phase beaucoup plus exigeante, où la sélection des entreprises, les valorisations et le contexte macro reprendraient de l’importance.
Nous sommes précisément en train de nous rapprocher de cette logique.
Cela ne signifie pas que « la Bourse va s’effondrer ».
Et cela ne signifie pas non plus que « tout va continuer à monter ».
Cela signifie quelque chose de beaucoup plus important :
le marché change de comportement.
Le prochain défi sera la transmission des investissements vers les bénéfices
C’est probablement le point que je surveillerais le plus pour les prochaines années.
Le Maroc investit énormément.
Mais pour les marchés financiers, la question suivante sera progressivement :
quelles entreprises réussiront réellement à transformer ce cycle d’investissement en chiffre d’affaires, marges, bénéfices et cash-flow durables ?
C’est là que commencera la véritable différenciation.
Certaines entreprises pourront justifier leur valorisation grâce à la croissance de leurs résultats.
D’autres auront peut-être déjà intégré plusieurs années de croissance dans leur cours.
Et d’autres encore pourraient profiter temporairement de la liquidité sans disposer des fondamentaux permettant de soutenir durablement leur valorisation.
C’est précisément pour cela que je préfère aujourd’hui parler de qualité, valorisation et cycle, plutôt que de chercher quelques lignes sur un graphique.
Le MASI est une conséquence, pas une explication
Regarder uniquement le MASI revient à regarder le thermomètre sans chercher à comprendre la météo.
Pour comprendre réellement la Bourse de Casablanca, il faut regarder derrière l’indice :
croissance économique → investissement → crédit → liquidité → taux → bénéfices → valorisations → flux de capitaux.
C’est cette chaîne qui détermine progressivement le comportement du marché.
Le chart raconte ce qui s’est passé.
Le cycle aide à comprendre pourquoi cela s’est passé et surtout ce qui pourrait changer ensuite.
La Bourse de Casablanca a profondément évolué ces dernières années. Sa capitalisation dépasse désormais le seuil symbolique des 1 100 milliards de dirhams, ce qui montre également le changement d’échelle du marché marocain.
Mais plus un marché se revalorise, plus l’investisseur doit devenir exigeant.
La prochaine étape ne consistera donc probablement plus à demander :
« Quelle action va monter ? »
Mais plutôt :
« Quelle entreprise peut encore créer suffisamment de valeur pour justifier le prix que le marché lui attribue aujourd’hui ? »
C’est là que commence véritablement le travail de l’analyste et de l’investisseur.
Ne subissez pas le marché. Comprenez son cycle.
Hicham AIT BASLAM
Founder – HAB CAPITAL TRADING
Analyst & Strategist in Financial Markets & Disruptive Technologies
Leading Investor & Advisor
Morocco 🇲🇦 | United Arab Emirates 🇦🇪
www.habcapitaltrading.com